Trémargat

C’est une petite commune rurale dynamique de 192 habitants mais c’est  surtout un lieu de rencontre et d’échanges renommée pour la vitalité de sa vie associative

Située au nord du canton de Rostrenen, en bordure du massif granitique de Quintin. Son relief accidenté, avec des chaos rocheux et vallées encaissées (site de Toul Goulic, ruisseaux du Saint-Georges et de Belle Chasse, lac de Kerné-Uhel), ses landes et bois étendus en font un lieu de randonnées pédestres et équestres très prisé. Avec ses gros blocs de granit arrondis disséminés dans la diversité des paysages peu remembrés, c’est un peu le pays des « cailloux qui poussent », entre chemins creux, haies bocagères, cultures et prairies.

tremargat-paysage

C’est aussi et surtout un lieu de rencontre et d’échanges. Trémargat est en effet renommée pour la vitalité de sa vie associative, de ses nombreux artisans  et de ses agriculteurs -très largement tournés vers des pratiques respectueuses des sols et de l’environnement, sur des exploitations de taille modérée. La forte densité de ce tissu fait la richesse de sa vie sociale, dans un territoire par ailleurs marqué par sa faible densité physique de population. La commune comporte de nombreux lieux d’accueil touristiques, sportifs et culturels, parmi lesquels la base nautique de Pen ar c’Hoat, un camping, une ferme pédagogique, une épicerie paysanne  » Epice et tout  » et son célèbre « Trémargad Café », aujourd’hui associatif, au cœur du bourg, où un théâtre de verdure attire chaque année des résidences d’artistes.

Cafe Epicerie trémargat

On peut considérer que ce sont de nombreux habitants de Trémargat eux-mêmes qui, bien avant que les termes de « développement durable » ou de « développement soutenable » ne soient forgés, ont pris en compte une vision à long terme de la relation de leurs activités à leur environnement et aux autres. La plupart des activités économiques les plus employeuses pratiquées sur la commune portent ainsi cette marque et reflètent ce mode de vie: des exploitations agricoles en bio ou proches de cet esprit –et pour certaines tournées vers la transformation et la vente en circuit court, une entreprise de transformation de chanvre bio en matériaux d’éco-construction, un traiteur bio, une poterie artisanale utilisant des cendres végétales pour coloris, un café associatif servant beaucoup de produits locaux et/ou bio, une base nautique développant des activités d’éducation à l’environnement, tout comme la ferme pédagogique…etc

Les municipalités successives ont accompagné cette logique en essayant de faciliter les conditions de maintien et d’attraction d’une population dans un lieu éloigné de tous les importants centres d’emplois urbains : dans les années 1990, par la création de logements sociaux dans d’anciennes maisons du bourg, par l’achat d’un café devenu café-multiservices-gîte d’étape communal ; dans les années 2000, par l’élaboration d’un PLU rendant des espaces constructibles au bourg et dans huit villages (dans un esprit de mixité : activités agricoles, artisanat et habitations peuvent y co-exister), par un agrandissement de la salle des fêtes la rendant mieux apte à recevoir des événements culturels, par l’aménagement d’un théâtre de verdure. Ces diverses réalisations participent à une logique de « développement durable » au sens large, dans la mesure où elles favorisent un certain mode de vie: elles contribuent à rendre une commune en milieu rural physiquement isolé attrayante, permettent d’y accueillir des populations d’origines diverses pouvant se rencontrer dans des lieux conviviaux, habitant dans un environnement de qualité, créant –malgré l’éloignement des grands centres urbains- des activités économiques viables souvent guidées par des convictions qui ne se réduisent pas au seul profit.

 

Eric Bréhin

http://www.bruded.org/tremargat.html

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